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jeudi 27 juin 2013

A un qui va bientôt mourir


Walt Whitman (1819-1892) est un géant de la poésie américaine. 

C’est peut-être parce qu’il ne domine pas son sujet, qu’il sera toujours un géant. Le voici presque petit, prenant dans ses bras un mourant, osant dire ce que personne ne dit (mais pense souvent) : l’aspect excrémentiel de la mort. Osant dire surtout cette espèce de fierté qui saisit ceux qui accompagnent le dernier souffle d’un être aimé : « Bravo, je te félicite ». Il n’y a là aucun cynisme. Simplement, comme quand on tourne la dernière page d’un grand livre : la triste beauté de la fin. « Il est dans la nature troublée du bonheur d’être triste », écrivait René Char. « Entre tes mains je remets mon esprit », a dit, pour sa part, le plus grand poète de tous les temps, au moment d’expirer (Luc 23,46).

A un qui va bientôt mourir  -  Walt Whitman

Entre tous les autres je te choisis, car j’ai un message pour toi,
Tu vas mourir – que d’autres te disent ce qu’ils veulent, je ne peux mentir,
Je suis juste et impitoyable, mais je t’aime – tu ne peux pas y échapper.
Doucement je pose ma main droite sur toi, tu la sens à peine,
Je ne discute pas, je penche la tête tout près et la cache à moitié,
Je suis assis tout contre, silencieux, je reste fidèle,
Je suis plus que garde-malade, plus que parent ou voisin.
Je t’absous de tout sauf de toi-même, spirituel corporellement,
donc éternel, et toi-même sûrement tu en réchapperas,
Le cadavre que tu laisses ne sera qu’excrémentiel.
Le soleil perce en directions imprévues,
De fortes pensées t’emplissent, et la confiance, tu souris,
Tu oublies que tu es malade, comme j’oublie que tu es malade,
Tu ne vois pas les médicaments, tu ne remarques pas les amis
qui pleurent, je suis avec toi,
J’écarte les autres de toi, il n’y a pas lieu de compatir,
Je ne compatis pas, je te félicite.

Un temps pour le deuil


Un temps pour le deuil
de Karen Katafiasz - Ed. du Cerf - Traduction: Michel Bigot et Anthony Guinvarc'h


Peu d'évènements affectent la vie aussi fort que la disparition d'un être cher. Doit-on "rester occupés, de ne pas s'installer dans le deuil, ne pas se laisser aller.....?"
Des étapes sont nécessaires pour s'en sortir. La guérison, profonde, t'arrive bien un jour, et te métamorphose. Un temps pour le deuil offre cette promesse et montre le chemin.

Une parole pour chaque jour - Un dessin pour chaque jour. De quoi marcher ensemble, adulte et enfant, vers la sérénité et l'apaisement.

Librairies :
CDD Arlon 063 21 86 11
CDD Namur 081 24 08 20 www.librairiescdd.be
 
Siloé Liège 04 223 20 55 www.siloe-liege.be
 
UOPC Bruxelles  02 663 00 42 www.uopc.be

vendredi 21 juin 2013

Préserver le lien social....jusqu'au bout


La Belgique a dépénalisé l'euthanasie le 28 mai 2012. Depuis son application, les propositions visant à élargir le cadre de la loi aux personnes démentes et aux mineurs d'âge, sont en discussion au Parlement. En réaction à ce projet de loi, la Conférence épiscopale belge veut interpeller le législateur face au risque de banalisation croissante de l'euthanasie.
Télécharger la déclaration des Evêques

Un très bon 'Dossier' a été publié dans le Dimanche Express n°11 du 24 mars 2013: 'Euthanasie: l'Eglise rappelle son refus - Préserver le lien social....jusqu'au bout.'
Vous pouvez y accéder via le lien ci-dessous.
https://docs.google.com/file/d/0B3T66Lc0H0f4VHNBb0h1ZktwV2M/edit?usp=sharing

Voir aussi l'article : L'euthanasie, et son élargissement?
Pastoralia juin 2013

Aide-moi, je souffre trop!

L’euthanasie en discussion



Dans un livre paru aux éditions Licap, Olivier Bonnewijn propose des pistes concrètes et pleines d’humanité : une approche nourrie par la tradition catholique qui se trouve en grande consonance avec les traditions juive et musulmane

Bruxelles, le …. mai 2013. Un parent, un conjoint, un jeune, un ami, un collègue, un patient demande à être euthanasié. Comment accueillir et interpréter un tel désir ? Que dire, que répondre ? Dans un petit ouvrage publié aux éditions Licap, Olivier Bonnewijn aborde la question à travers quatre situations concrètes émanant d’une conférence tenue en juin 2012 au Sénat et qui avait pour thème : « Regards sur l’euthanasie dans les diverses religions et conceptions philosophiques ». Certains cas étaient réels, certains autres en partie construits, mais tous reflétaient d’une certaine façon des propositions visant à élargir la loi belge sur la dépénalisation de l’euthanasie.

Dans cet ouvrage, intitulé « Aide-moi, je souffre trop ! », le chanoine Olivier Bonnewijn reprend quelques éléments fondamentaux du discernement catholique. Revendiquant une approche philosophique, éthique et pratique, l’auteur a choisi de s’appuyer sur les données accessibles à la simple raison. En même temps, désireux d’éviter les réponses toutes faites, Olivier Bonnewijn propose des pistes concrètes et pleines d’humanité. Nourrie par la tradition catholique, sa position se trouve en grande consonance avec les traditions juive et musulmane. L’auteur réussit à mettre en lumière un humanisme concret, à vocation universelle, dont le christianisme est pétri.

On trouvera en fin de volume également un texte éclairant, publié au mois de mars 2013 par les évêques de Belgique intitulé « Peut-on euthanasier le lien social ? ». L’épiscopat belge n’y cache pas ses craintes face à une éventuelle dépénalisation de l’euthanasie. La conférence épiscopale souligne vouloir ainsi honorer tant la démocratie que la dignité humaine. « Nous voulons rappeler le lien de chair et de sang qui, en reliant tous les êtres humains les uns aux autres, les invite à écarter toute violence, voire toute forme de pression, dans leurs rapports mutuels. Nous pensons que notre démocratie est mieux servie lorsqu’elle reconnaît à quel point le lien social est infiniment plus profond que le fragile consentement à l’euthanasie », concluent les évêques de Belgique.

Olivier Bonnewijn est prêtre de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles et membre de la communauté de l’Emmanuel. Vicaire épiscopal à la formation, il enseigne la théologie et la philosophie à la faculté jésuite de Bruxelles (IET). Il a publié plusieurs ouvrages d’éthique et de littérature pour enfants.


Aide-moi, je souffre trop!
L’euthanasie en discussion
Olivier Bonnewijn
Editions Licap, 2013.







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lundi 3 juin 2013

 
 Nous voilà tous les trois, moi, Pierre et Anne. Un jour, quelque chose est arrivé à Papa et à maman, et nous nous sommes retrouvés seuls.
Depuis ce jour.....

Un très beau livre écrit par Colette Nys-Mazure (illustrations : Estelle Meens) aux Ed. Mijade.


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samedi 1 juin 2013

La méduse

Wassily Kandinsky, Plusieurs Cercles (Einige Kreise), Musée Guggenheim New York
La méduse

Tout s’est passé sans ma volonté et pourtant je l’ai vécu. Maintenant, je ne me rends pas compte du temps qui passe et j’ai l’impression d’oublier mais dès que je soulève la couverture poussiéreuse de la vie, voici les souvenirs clairs et nets qui s’attachent à mon corps comme des méduses. C’est cela la mort : une méduse toujours vivante, toujours prête à s’attacher à toi, à nouveau, avec toute son angoisse et sa souffrance.
Et ainsi le temps passe. Inexorable. Depuis que ma mère est partie, je ne sais même pas comment j’ai fait. La seule pensée de son absence me blesse et me fait saigner. Je suis désormais une blessure déguisée de santé parce que depuis le premier moment où je l’ai vue, sans forces, dans ce lit d’hôpital, c’est comme si un pilote automatique s’était allumé en moi. C’est comme cela, il n’y a pas d’autres explications. Chacun de nous a un pilote automatique qui s’allume quand la vie devient
insoutenable, quand les forces nous abandonnent et qu’on ne sait plus par où aller.

Mon pilote automatique m’a poussée jusqu’ici, trois ans après ta mort, et parfois, il prend encore le volant pendant ces jours gris où je n’arrive pas à démarrer, quand la pensée de ton absence est un poids sur ma tête, le vide des mots un silence assourdissant. Et tu me manques profondément, tellement au fond de moi-même que je peux à peine raconter, trouver les mots. C’est à ce moment-là, exactement, avant de m’évanouir, que mon pilote automatique arrive ! Il est si fort ! Il sait
toujours quoi faire !! Il me rappelle ce qui est plus urgent et ce qui l’est moins, c’est lui qui m’a fait étudier à l’hôpital pendant que tu étais dans le coma, c’est lui qui m’a poussé à revenir à Bruxelles après ta mort, à faire 2000 km pour prendre en main ma vie, à chercher un stage, puis un travail, puis un autre. Nouveaux amis, nouveaux collègues, nouvelles aventures. Tout avait un gout nouveau et simple car le pire était déjà passé : je t’avais perdue.


Perdre sa mère est un peu perdre une partie de soi-même. La mère représente ton origine, ton soutien, ton futur. Pour une femme, elle est l’image de ce que tu pourrais devenir : tu peux t’identifier, tu peux t’éloigner, tu peux la refuser. Ce n’est que quand elle n’est plus là que tu te rends compte qu’à partir de ce moment, tu ne pourras compter que sur toi-même pour avancer. Mais la nature a pensé à tout, elle nous a équipés d’un pilote automatique pour les moments difficiles. Il suffit de ne pas tricher, de ne pas faire semblant que tout aille bien mais simplement d’accepter que ce que tu es en train de vivre est bien pire que ce que tu n’aurais pu imaginer. Et le pilote automatique s’allume, il te fait comprendre ce qui est important, il t’oriente, il donne un sens à ta vie - désormais le bien le plus important entre tes mains.

Non, ce n’est pas vrai que je suis plus forte, comme certains le disent. Tout simplement, je me laisse conduire par mon pilote automatique car il sait où aller. Je ne le connaissais pas avant ta mort parce que tu étais à mes cotés, qu’on pouvait parler, que tu pouvais me conseiller. Peut-être maintenant est-ce toi qui allumes mon pilote automatique quand il faut et ainsi je ne me perds pas.

Merci, maman.

Cristina Santomauro

(En écoutant Richard Bona M'Bemba Mama  -  http://www.youtube.com/watch?v=2gFAurGgYH8


Chère amie,

J’ai été frappée par ton témoignage, plein d'images très fortes comme celle de la méduse et du pilote automatique. J'ai connu ça moi aussi. C'est très difficile, comme tu l'as dit à plusieurs reprises, de parler de ce passage de ta vie car les émotions éprouvées étaient indicibles. Les images t'ont aidée à exprimer ce vécu.

Moi, à travers la lecture de ton texte, j’ai vu plein de couleurs et la musique de l'œuvre abstraite de Wassily Kandinsky Plusieurs Cercles.
Les couleurs et les formes expriment nos émotions quand on ne sait pas les dire, elles savent faire vibrer notre âme.  « La couleur est la touche, l’œil, le marteau, l’âme, le piano, l’artiste est la main qui, par le bon choix des touches, met l’âme du spectateur en vibration»[1]. Ainsi parlait Kandinsky dans son livre Du spirituel dans l'art, où il expliquait sa démarche artistique et sa théorie des couleurs.

Alors moi, j'ai vu ton âme profonde, pleine d'énergie, qui, face à la mort d’une mère, se révèle en découvrant une force intérieure, profonde, légère et mystérieuse à laquelle s'abandonner. Les couleurs peuvent peut-être mieux exprimer cette sensation que j'ai perçue.
Dans le tableau de l'artiste russe, on retrouve une grande sphère bleue dominante sur laquelle est superposée une sphère noire, plus petite. Tout autour, comme dans une éclipse de soleil, se déploient des rayons flous blanc et bleu ciel qui semblent influencer et aussi faire bouger l'atmosphère sombre qui remplit le cosmos, c'est à dire l'espace du tableau. Une atmosphère lourde, marron (couleur qui représente la dureté) dotée d’un son intérieur très puissant.

Pour Kandinsky, le bleu a une forte vocation de profondeur et d'intimité. Il rappelle l'idée d'infini, la nostalgie du surnaturel. Cela, c'est l'âme humaine, c'est ton cri adressé à ta maman «  tu me manques [...] tellement au fond de moi-même». Le noir, par contre, est nul, sans possibilité, l'immobilité, comme quelque chose qui s'est éteint, comme le silence du corps après la mort. Là, je perçois ton expérience de la mort (« je t’avais perdue ») face à laquelle tu « peux à peine raconter, trouver les mots » : « le vide des paroles est un silence assourdissant.». Et cette douleur imprègne aussi l'atmosphère qui se transforme en méduse et enveloppe les bulles colorées. Mais tout autour du bleu, il y a des rayons blancs, de l'énergie toujours jeune, pleine de possibilités, les mêmes qui se déploient en toi. C'est peut-être cette énergie qui fait toujours démarrer ton pilote automatique !

Les autres sphères, qui semblent toutes arriver et s'éloigner confusément du cercle bleu-noir-blanc dominant, suivent leur rythme, comme des bulles de savon dans l'air. Elles sont de plusieurs couleurs : plus terrestres, expansives, superficielles et folles (comme le jaune), plus fortes, dynamiques et énergiques (le rouge), plus jeunes, joyeuses, innocentes, corporelles et pures (le rose), plus calmes et pleines, accomplies (le vert), plus immobiles et cachant une espérance secrète (le gris clair),plus distantes (le bleu ciel), plus tristes et malades (le violet) ou plus fortes et en santé (l'orange).

Ceci, c'est la musique de la vie ! C'est ta musique : avoir étudié à l’hôpital, avoir repris ta vie à Bruxelles, avoir fait des nouvelles rencontres... Et tout ça avec un parfum et un goût de simplicité. La même simplicité de ces bulles de savon qui dansent dans l'air, dans ce souffle qui les guide. Alors, voilà, bravo au pilote automatique, « si forte ! ». Un pilote qui a même une musique parce qu’en regardant le tableau et ses cercles, il me semble bien entendre des notes, des instruments, des pauses, un rythme...

Nous sommes bien conscients du noir vécu et des « méduses » de notre vie, mais aussi du fait que nous avons notre musique à suivre, la juste profondeur qui peut nous donner du sens et à partir de là, de nouvelles possibilités de vie peuvent naitre pour notre existence. « Il suffit de ne pas tricher, de ne pas faire semblant que tout aille bien mais simplement d’accepter que ce que tu es en train de vivre est bien pire que ce que tu n’aurais pu imaginer. Et le pilote automatique s’allume, il te fait comprendre ce qui est important, il t’oriente, il donne un sens à ta vie - désormais le bien le plus important entre tes mains

Bien amicalement,
Monica Fasan.




L'ensemble des éléments présents sur les pages de ce blog est conforme aux droits de la propriété intellectuelle. Si, malgré tous nos efforts, certains auteurs ou ayants-droit n'ont pu être identifiés, ces personnes sont invitées à se manifester auprès des services du Vicariat de Bruxelles.
deuiletesperance@gmail.com


[1]    Wassily Kandinsky, Du spirituel dans l'art, et dans la peinture en particulier, éd. Gallimard, coll. « Folio Essais », 1989

samedi 11 mai 2013

Nés vulnérables. Petites leçons de fin de vie


Nés vulnérables. Petites leçons de fin de vie.

Que vivons-nous durant ce temps d’avant la mort, lorsque la maladie mortelle fait son œuvre et gagne du terrain ? Que faisons-nous à écouter, à être témoin de l’avancée de la maladie, de la souffrance, de la douleur, de la mort de l’autre ? Qu’est-ce qui fait que nous continuons quand le « à quoi bon ?» se fait obsédant ?

A partir de son expérience de psychologue dans un service de soins palliatifs, l'auteure tente     de  dire ce qui met à mal.

Ce temps de fin de vie n'est pas un temps de vaine attente. Beaucoup de choses se vivent ou remontent à la surface, des parts en soi jamais entendues qui cherchent un lieu pour se déposer et se transformer. Face à la maladie qui s’impose et plonge dans le chaos, savoir que l'on n'est pas seul, faire l'expérience d'être porté comme à notre origine, peut réveiller « l'enfant rieur » qui sommeille en nous et nous mettre en contact avec des forces insoupçonnées, profondes, qui nous portent vers la vie et nous donnent la force de supporter l'insupportable. 

Agnès Bressolette est psychologue, psychothérapeute et participante à l'Ecole Belge de Psychanalyse. Après avoir accompagné des couples et des adultes dans un centre de consultations avec une équipe pendant plusieurs années, elle travaille actuellement dans un service de soins palliatifs à Bruxelles et pour des consultations en privé. 
 
Librairies :
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lundi 15 avril 2013

On va où quand on est mort?

On va où quand on est mort?
Texte de Martine Hennuy et Sophie Buyse - Ed. Alice Jeunesse - Illustrations de Lisbeth Renardy.



Aujourd'hui, en classe, on a parlé de la mort et je n'ai pas pleuré. L'institutrice nous a demandé: "On va où quand on est mort?". "Dans la terre" à dit Jordan. "Au paradis", a dit Camille. Une chose est sûre: avec Madame, on a compris qu'il y a "la mort" et "les morts'. On n'aime pas la mort car elle nous fait trop souffrir. Mais on aime toujours les morts parce qu'ils nous accompagnent dans notre vie, au plus profond de notre cœur.

Chacun vit son deuil à sa façon, mais parler de la mort aide à en avoir moins peur.

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jeudi 21 mars 2013

Au revoir Blaireau

Au revoir Blaireau
de Susan Varley - Ed. Gallimard - Traduction: Marie-Raymond Farré

Un livre splendide et bien connu de beaucoup, sur la mort de Blaireau. Ses amis : Renard, Taupe, Lapin sont tristes et très affectés par le départ de Blaireau, et cependant: que de souvenirs, que de vie Blaireau a-t-il laissés derrière lui!


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vendredi 8 février 2013

Pour dire Merci et Au revoir...

Pour dire Merci et au revoir...

Les textes et autres documents qui ont été rassemblés ici par l'équipe de Pastorale scolaire diocésaine l’ont été sous le coup de plusieurs émotions fortes.

Chaque fois que la mort frappe à la porte des écoles, nous vivons cela d’abord comme un contresens. L’école, en effet, accueille des enfants et des jeunes en croissance. Quand la mort, par accident, par suicide, par maladie endeuille une communauté scolaire, toute cette communauté se sent à la fois trahie et étrangement unie. La croissance est-elle à jamais contredite ?

Le plus souvent, au contraire, le traumatisme qui accompagne le décès d’un professeur, d’un élève ou d’un être proche de la communauté éducative permet à cette communauté de saisir, par le travail du deuil, qu’elle existe vraiment, que la croissance continue, malgré cette déflagration.

Tous les membres de notre Pastorale scolaire diocésaine ont connu des deuils à l’école. Cela seul nous autorise à vous offrir un répertoire où votre chagrin trouvera peu ou prou à s’exprimer, voire à s’éponger. Mise en ligne, cette petite anthologie vous permettra aussi d’augmenter, par le partage des documents que vous apporterez, les sensibilités diverses qui sont les vôtres.

Nous n’avons rien voulu faire d’autre que de servir au mieux la vie dans les écoles (et même, qui sait en dehors d’elles?). Si nous croyons à la vie, nous accueillons la mort et son passage toujours rude et souffrant vers un au-delà que nul ne peut imaginer.

L’équipe de Pastorale scolaire diocésaine pour l’enseignement secondaire (Malines-Bruxelles).

Téléchargez ici le document.

lundi 28 janvier 2013

Veillée dans la famille en deuil jusqu'à l'inhumation

Veillée dans la famille en deuil jusqu’à l’inhumation


Photo ayaas.net
Dès l’annonce du décès, le deuil commence. C’est le moment où jamais qu’apparait le caractère social du deuil. La famille éprouvée se prépare à recevoir le soutient des parents, amis et connaissances. Il faut pour cela un cadre pour accueillir les visites de consolation et de soutien moral en attendant l’inhumation. Les visites ou la veillée ont lieu soit à une résidence indiquée par la famille soit dans une salle prise en location.

Afin d’éviter les charges à payer pour la salle ou pour la famille qui reçoit, la veillée est souvent programmée un ou 3 jours avant l’inhumation. Avant cette veillée, les visites ponctuelles ne sont pas interdites. C’est souvent à ce moment là que la famille a besoin d’un soutien et d’accompagnement moral et spirituel pour accepter et vivre l’événement dans la foi et la sérénité. 


Célébration de retrait de deuil ou le 40ème jour

Célébration de retrait de deuil ou le 40è jour

Photo ayaas.net
Une fois l’inhumation terminée, rien n’est encore fait. Il faut  le retrait de deuil c’est-à-dire « faire son deuil ». Le contraire conduit à des conséquences sociales et psychologiques pas intéressantes. Pour « faire son deuil »,  on a recourt très souvent à la célébration eucharistique suivie d’un verre ou un repas de convivialité. Cette célébration peut avoir lieu le jour même de l’inhumation ou longtemps après. Quand le retrait de deuil a lieu plus tard, il est organisé soit symboliquement le 40è jour soit à la date du premier anniversaire de décès ou  à une autre date circonstancielle déterminée par la famille. Elle peut aussi se limiter aux  intentions  pendant les célébrations eucharistiques.

Célébrer le « retrait de deuil » est un moment festif. Il n’est plus question de jaser les douleurs qui ont entourée la mort de la personne mais c’est  l’occasion de célébrer la vie, les meilleurs souvenirs du défunt et aussi occasion de remercier toutes les personnes qui ont assisté la famille  pendant les funérailles. C’est aussi le moment pour certaines personnes de se joindre à la famille parce que, en son temps, elles n’ont pas pu, offrir à la personne ou famille endeuillée leur compassion. « Etre aux côtés de ceux qui n’ont plus de mots, offrir notre oreille et notre cœur à leur désespérance, n’est-ce pas là le premier pas d’une authentique évangélisation ? » (Paul-Emmanuel Biron, Pastoralia n°9/nov. 2012 p.275)

Célébrer les funérailles pour les africains en Belgique



Photo ayaas.net
L’organisation liée aux célébrations des funérailles doit tenir compte de quelques paramètres : le lieu du décès, les valeurs et les habitudes traditionnelles à chaque pays ou cultures et les exigences d’où est issu le défunt ou la défunte  sans omettre  les formalités d’usages  en Belgique.


 Le décès en Belgique :
-    inhumation en Belgique
-    inhumation dans le pays d’origine 
Dans l’un ou l’autre cas, la célébration des funérailles peut se faire en présence  ou  en absence du corps du défunt. Ce dernier aspect influe considérablement dans la façon d’organiser la célébration. C’est l’occasion pour les organisateurs d’y mettre la couleur du pays d’origine dans la célébration par des gestes, des symboles et des paroles et des chants. 
Photo ayaas.net







Le décès dans le pays d’origine
-    Célébration des funérailles au jour de l’inhumation : 
     En signe de communion avec toute la famille qui vit le deuil au pays, nombreux sont ceux qui souhaitent que, le jour même d’inhumation, une célébration eucharistique soit organisée ici en Belgique en mémoire du défunt.
-    Célébration des funérailles le week end qui suit l’inhumation ou un autre jour possible : Il est souvent difficile d’être entouré des amis et connaissances en semaine, la famille endeuillée peut organiser la célébration le week end qui suit l’inhumation et un autre jour  afin d’avoir un maximum des personnes.

Dans l’un ou l’autre cas, la célébration se termine par un verre ou un repas selon les organisateurs.  Ceux-ci prennent le soin d’annoncer  immédiatement la célébration « du retrait de deuil » ou le 40è jour au cas où il n’a pas lieu le jour même de l’inhumation.

     Cet article fait partie du dossier 'Le deuil et la communauté africaine'. Voir    également:


La célébration du deuil dans le milieu des Africains

LA CELEBRATION DU  DEUIL DANS LE MILIEU DES AFRICAINS

                          
Photo ayaas.net
«Priez sans cesse. En toute circonstance, soyez dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus ». 1Thess5, 17. Le deuil est une des circonstances possibles de communion et d’action de grâces. Par des signes, des gestes, des paroles, des rites et des symboles propres, les africains de Belgique ou d’ailleurs essaient de vivre ici et là le deuil en famille, en communauté et en Eglise. Pour nous, célébrer les funérailles dans l’Eglise et en Eglise est un acte de foi et d’espérance en Dieu qui donne sens à la vie dès la conception jusqu’à la mort. C’est pourquoi la célébration de deuil et des funérailles se fait pour la majorité des cas  avec une Eucharistie.

En Belgique, les africains ne forment pas un peuple, une seule et une même culture. Ils sont différents par leurs origines géographiques, culturelles, ethniques et tribales. La diversité, loin de constituer une raison des rivalités inutiles, constitue un atout pour l’originalité de chaque célébration de deuil ou de funérailles. Le sens d’écoute dans un esprit d’ouverture est un élément propice pour aider la personne ou la famille endeuillée de mieux célébrer et  faire le deuil.

Dans un contexte différent de leur milieu culturel d’origine, de nombreux africains en Belgique se sentent perdus. Ils ont besoin d’accompagnement et de soutient sociologique, spirituel et psychologique pour vivre la mort d’un proche. C’est dans ce sens là que le deuil constitue, à notre avis, un des lieux d’évangélisation et de proximité pastorale autant pour les africains que pour tous le monde. 

Cet article fait partie du dossier 'Le deuil et la communauté africaine'. Voir également:
Célébrer les funérailles pour les africains en Belgique
Veillée dans la famille en deuil jusqu'à l'inhumation
Célébration de retrait de deuil ou le 40ème jour

lundi 21 janvier 2013

Le sacrement des malades

Les équipes de visiteurs ont récemment créé une brochure sur le sacrement des malades.


Photo Vicariat Brabant wallon
Son objectif ?  Devenir un outil de dialogue entre la personne visitée et le visiteur, afin de présenter et de parler du sacrement des malades.

Page après page, cet outil aborde des questions liées à la maladie, à la souffrance, à la foi. Comment chaque personne vit-elle les différentes dimensions liées à sa santé, son âge, son hospitalisation ?

Un cheminement qui se fait avec l'assentiment de la personne: elle peut refuser d'aborder certaines pages et décider de s'arrêter. Les idées qui ressortent de la discussion ainsi engagée peuvent être retravaillées et intégrées à la célébration, (tout en gardant le secret professionnel!) pour vivre un temps fort, incarné et porteur de vie.

Le sacrement des malades est destiné aux vivants, et non aux mourants!  Cliquer ici pour télécharger la brochure.




Equipe des visiteurs de malades


Photo Mathieu Dulière
« Visiter régulièrement des personnes malades, âgées, isolées, handicapées qui le demandent, à domicile ou en maison de repos, dans le respect de leurs convictions, voilà le service que rendent les visiteurs bénévoles à Bruxelles. Ils sont les témoins privilégiés de ce que vivent les personnes visitées : solitude, abandon, silence, difficultés du grand âge, questions de sens et de non sens, joies, projets, espoirs, …. Les accompagner dans ce qu’elles vivent, entendre les confidences, les récits de vie, écouter les questions spirituelles ou religieuses, ils connaissent cela. »

Equipe des Visiteurs de malades
Eglise catholique de Bruxelles - rue de la Linière, 14 à 1060 Bruxelles - Tel 02/ 533 29 60 (répondeur en cas d'absence) - equipesdevisiteurs@catho-bruxelles.be

mardi 8 janvier 2013

Photo: Erminio Modesti

Lachrymae -
Une des chroniques 'sous la table' parue dans la Libre Belgique
par Lucien Noullez - (c) La Libre Belgique 2005

Voilà ce qu’on doit bien annoncer un jour à un enfant : « Ton Bon-papa est mort… »

Et la réponse de l’enfant est simple, au fond.

Il ne dit rien. Il prend d’abord un air étranger, puis son visage se tord, et puis ses larmes tombent. Lachrymae.

C’est la toute première fois que son univers intime change vraiment. « A chaque homme qui meurt, le monde recommence » dit une vieille chanson de Bécaud. Voilà l’enfant devenu rouge. Sans aucun autre appui, pour déverser sa solitude, que la grimace, et cet excès du corps, de l’âme, du visage et de la vue, qu’on nomme les larmes. Lachrymae. Parler simplement de tristesse serait faire insulte au débordement que cet émoi exprime. Parler de désespoir serait idiot. Le chagrin, le simple chagrin, le lourd, le vrai chagrin se manifeste soudain, dans la vie. Avec Bon-papa, on a joué à la plage. On a senti les odeurs étonnantes d’un  corps travaillé par le temps : ce mélange d’eau de Cologne et de vieillesse… On a rigolé. On a osé, parfois, des mots interdits. On a aussi entendu parler d’une époque éloignée, où la télé n’existait pas, où les chevaux passaient dans les rues, et quelquefois aussi la peur. On s’est fait une image forte du bonheur et de la joie, qui eurent à traverser la guerre. Alors, le désespoir…

L’entourage, lui, se montre un peu plus fort. Les adultes, il est vrai, n’en sont pas à leur premier deuil. On sait à peu près comment s’y prendre, à qui il faut téléphoner, qui il faut alerter. La maladie, lentement, minait ce pauvre corps, et elle a eu raison de lui… à quelle heure encore ? Dans le cours sans répit du temps, voilà que la seconde même où le grand-père s’est éteint revêt une importance particulière. Et là, devant lui, tout juste après que l’hôpital ait appelé les plus proches, on demeure, malgré tout, stupéfait.

Certes, comme on le dira plus tard, « on s’y préparait » ; certes, avec toutes les machines qui le maintenaient en vie « il n’était plus très beau à voir »… Il n’empêche qu’on est interdit. Cette immobilité de visage et de poitrine, ce silence incroyable du corps… On mesure soudain combien la vie remue, combien, même fragile, surtout fragile, elle est vivante. A tel point qu’une espèce d’incrédulité frappe les visiteurs. Evidemment, on reconnait le corps du grand vieillard. Mais ce n’est plus tout à fait lui. Privé de la batterie du cœur et de la forge des poumons, il est semblable à ce qu’on a connu, et proprement méconnaissable.  

Lachrymae. Les Albigeois parlaient de la mort, comme du « baiser de Dieu », et les mystiques orthodoxes, évoquent abondamment, le « don des larmes ». « Je pleure, parce que vous ne pleurez pas ! », dit, pour sa part, un personnage de Kieslowski, à une jeune femme qu’un double deuil violent et pénible a durci jusqu’à l’aphasie.

Il ne faut pas être croyant pour saisir que, dans chacune de nos existences, la rencontre avec la mort constitue une expérience spirituelle. Soudain, la vie doit se repenser autour d’une absence. Brutalement, car, même si on attend le décès d’un parent dont les souffrances et l’état nous sont devenus insupportables, l’annonce de la mort constitue toujours une déflagration. On doit reconsidérer les liens de famille. Soudain, le défunt n’a plus que nous pour le défendre, pour en parler, pour l’insérer peu ou prou dans la mémoire. Et, tout à coup, parce qu’un terme y a été mystérieusement mis, cette vie se révèle à la fois lumineuse et obombrée. On se souvient, et on peut encore rire, de ses facéties. Mais on évoque aussi, par devers soi, tant de choses qu’on aurait pu lui dire, tant de questions que l’on n’a pas voulu ou osé lui poser…

Lachrymae. Il ne se passe plus une année sans que je sois invité à m’associer à plusieurs deuils. Cette présence de la mort, qui, forcément, s’accroit avec l’âge, il arrive qu’elle m’effraye, bien sûr. Mais quelquefois aussi, à l’instar d’une musique qui s’achève, ou d’un grand livre dont on tourne la dernière page, elle m’apaise. Les morts ne sont pas parmi nous pour nous hanter, et moins encore pour nous décourager. Ils résonnent dans nos consciences et nos mémoires, comme autant de témoins de cette chose passante, dont nul ne maitrise l’origine ou les fins dernières, cette chose magnifique : la vie !

Lucien Noullez
(En écoutant Dowland et Benjamin Britten)

vendredi 14 décembre 2012

Les quatre saisons d'aimer

Les quatre saisons d'aimer de Jean Debruynne

Illustrations de Charlotte Légaut
Naître, Vivre, Paix, Mourir! 200 poèmes de Jean Debruynne à lire et à savourer pour dire et chanter les couleurs des quatre saisons d'aimer. De sa rencontre avec Jacques Prévert, il apprend la force des mots, des conversations avec Madeleine Delbrêl, l'obéissance au réel.

De très beaux textes: textes de méditation, de prière, pouvant aussi servir pour des célébrations de funérailles.


Librairies :
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